Invité MAP : Agence Myop, Julien Pebrel

Agence Myop, Julien Pebrel
Karabagh

 

Du 01.06.17 > 30.06.17 au Musée Georges Labit (17, rue du Japon, 31400 Toulouse)

Julien-Pebrel-Myop-MAP-003

« Arménien d’Iran, il a un jour décidé de tout abandonner
et de revenir ici, sur les traces
de sa famille, dans ce territoire ravagé par la guerre »

Nous avons rencontré Hovhannes en 2010, dans le Haut-Karabagh. Arménien d’Iran, il a un jour décidé de tout abandonner et de revenir ici, sur les traces de sa famille, dans ce territoire ravagé par la guerre. Ses grands-parents avaient un caravansérail à Shoushi, c’est la seule chose qu’il sait, « j’aimerais tant pouvoir voir la tombe de mes ancêtres au Karabagh ». Il ne les a pas retrouvé. Rapidement sa femme et ses filles sont parties, la vie ici était trop dure. Il nous a lu la poésie un peu naïve qu’il écrivait pour son petit fils, nous a parlé de l’amour de sa terre, de sa famille, de l’Iran qui nous faisait rêver. Pendant qu’il parlait, Anaïs a croqué son portrait, et l’enregistreur tournait. Juste avant de partir alors qu’il nous raccompagnait j’ai fait son portrait devant son papier-peint de paysage montagneux, sans doute réalisé à partir d’une photo prise n’importe où dans le monde, ou peut-être dans le Haut- Karabagh comme j’ai aimé m’en convaincre. En 2016, lors de notre dernier voyage sur place nous avons appris qu’Hovhannes était mort, seul.

Seules ses filles étaient là à son enterrement, elles sont reparties vite, le soir même parait-il. Par une mécanique étrange, nous nous sommes sentis responsables de sa mémoire, comme si les seules preuves de son existence étaient ces quelques vers enregistrés, cette photo, le portrait d’Anaïs crayonné au milieu de ses notes et la signature qu’il y a avait apposé, en persan. Voici donc la terre d’Hovhannes.

Musée Georges Labit (17, rue du Japon, 31400 Toulouse)